Chronique d’Hiver de Paul Auster

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Chronique d’Hiver est l’autobiographie de Paul Auster. Cet écrivain américain a été poète, romancier et a même réalisé quelques films. Arrivé à ce qu’il considère comme l’hiver de sa vie, il délivre au fil des pages les différentes expériences qui l’ont marqué et construit en tant qu’homme, de son enfance jusqu’au moment de l’écriture du livre, en 2011. Ce livre dresse le portrait d’un homme sensible souffrant de troubles psychosomatiques et qui a toujours aimé les femmes dès son plus jeune âge.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Cold Winter Challenge. Je n’avais jamais lu de livre de Paul Auster avant de lire celui-ci et je dois reconnaître que le vocabulaire soutenu utilisé ainsi que le style sont très poétiques. Concernant le style, Paul Auster a pris le parti de rédiger cette autobiographie à la deuxième personne. Cet effet me semble permettre de plonger le lecteur au centre de la vie de l’auteur en le mettant à la place de l’acteur de cette vie passée plutôt qu’une simple place de spectateur ou voyeur. Les souvenirs sont évoqués sans respecter un ordre chronologique, donnant l’impression d’une évocation au fil des souvenirs qui remontent à la surface de sa mémoire par association d’idées. Ce style particulier n’est pas courant mais j’ai trouvé que cela permettait de créer ce côté poétique et donner l’impression que l’autobiographie a été rédigée d’une traite, l’auteur ne semblant pas lâcher sa plume.

Pourtant, à un moment, le récit s’essouffle, en particulier au moment où Paul Auster commence à lister les 21 endroits où il a résidé et les passe en revue en détail. Le récit prend une certaine lourdeur, certainement générée par la mise en ordre brutale alors que jusque là, les souvenirs étaient évoqués plus naturellement.

De même, à partir du moment où l’auteur passe au récit de ses troubles psychosomatiques, de leur survenue et de ce qu’il pense en être à l’origine dans son expérience, ce n’est pas vraiment une lourdeur que j’ai ressenti mais plutôt la création d’une certaine distance. Peut être que cette distanciation vient du fait que Paul Auster essaie de rationaliser ces évènements, de les dédramatiser mais il m’a semblé que l’écrivain se retenait d’écrire vraiment ce qu’il pensait, ce qui lui passait vraiment par la tête concernant ce sujet, faisant perdre au récit la spontanéité qu’il avait dans la première partie.

Pour conclure, le style est poétique, la traduction ne semble pas altérer l’écrit, j’ai aimé découvrir la vie de cet écrivain poète que je ne connaissais pas mais je ne pense pas faire partie du public à même d’apprécier pleinement ce récit. En effet, il me semble que si j’avais eu lu des oeuvres de Paul Auster avant de lire son autobiographie, j’aurai certainement apprécié de pouvoir mettre en perspective ses précédents écrits avec les différents évènements marquants de sa vie. En même temps, cette biographie me donne envie de lire d’autres oeuvres de Paul Auster ; j’aimerais bien lire l’un de ses premiers romans pour voir l’évolution de son style et car c’est la période que j’ai la plus appréciée dans le vécu qu’il confie au lecteur.